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BNEI BRAK

  • 28 févr.
  • 4 min de lecture

Le 15 février 2026, deux soldates sont parties en mission dans la ville de Bnéi Brak. Elles effectuaient une visite au domicile d’un soldat. Repérées rapidement, elles ont été pourchassées par des ultra-religieux et n’ont dû qu’à une intervention de la police d’être exfiltrées en toute sécurité. Entre désespérant et grotesque.  


Aussi choquante soit la situation sur le fond, comment retenir son sourire face aux images décrivant cette chasse aux soldates ? Une masse d’individus hurlant sur deux jeunes filles sans défense ne devrait pas inspirer un tel sentiment. Pourtant, le manque de savoir-faire en matière d’action collective des haredim évoque une scène de film comique type « La vie de Brian » des Monty Python où des femmes se déguisent maladroitement en hommes pour participer à une lapidation. Bien sûr, l’effet foule joue à plein et crée un malaise. Pour le reste, en comparaison des groupuscules ultra-violents et organisés situés aux extrêmes sur l’échiquier politique, ils paraissent bien gauches si l’on peut dire. Des « black bloc », ils n’ont que la couleur de vêtements. Au final, deux constats ressortent. Ces élèves de yeshivot sont manifestement capables de se consacrer à d’autres activités que l’étude religieuse. Ce qui est une excellente nouvelle pour la société israélienne. Quant aux cris de « nazi » dont ils gratifient les policiers, ils laissent sans voix. Ils n’ont pas l’excuse de l’inculture crasse des LFIistes. Issus le plus souvent de communautés d’Europe de l’Est, ils comptent en général dans leur famille des victimes de la Shoah.


En plus du chef d’état-major de Tsahal, c’est à souligner, les hommes politiques de tous bords ont fait part de leur indignation – les alliés politiques des ultra-orthodoxes prenant soin de préciser que seule une minorité est aussi virulente. Ce ne sont d’ailleurs pas les conséquences de cet incident qui posent problème : seuls une benne et un véhicule de police ont subi des dommages ce jour-là. La violence symbolique est beaucoup plus grave. La pression du conformisme exercée par ces milieux est immense. Le risque d’exclusion existe pour les déviants. Il n’est pas rare que les jeunes qui acceptent de servir sous les drapeaux paient leur décision au prix fort, celui d’une rupture avec leur famille. Ils sont alors considérés par l’armée comme des « soldats seuls » et bénéficient d’aides spécifiques parmi lesquelles le soutien d’une famille adoptive. Il arrive que la qualité de la relation avec les parents conduise à une configuration un peu moins conflictuelle. Les jeunes qui accomplissent leur service militaire ne quittent pas le domicile familial mais, avant de rentrer chez eux pour une permission, ils veillent à revêtir leurs habits religieux. En aucune manière, ils ne peuvent être aperçus en uniforme dans leur quartier.


Le cas du « soldat seul » David Mittelman, tombé le 7 octobre à l’avant-poste de Kissufim, a défrayé la chronique. Il avait émis le souhait d’être enterré dans un cimetière militaire s’il devait mourir en opération. Sa famille adoptive et ses amis ont relayé sa demande. Néanmoins, ce sont ses parents naturels qui ont été écoutés : son enterrement a été civil. La Knesset s’est emparée du sujet et prévoit de légiférer. Quoi qu’il en soit, il est essentiel que les communautés ultra-orthodoxes comprennent que des limites doivent être posées à leur autonomie. On peut accepter que des individus se regroupent afin de partager un mode de vie similaire et que, de ce fait, les visiteurs en tiennent compte. Pour que leur tenue ne soit pas jugée provoquante, les soldates avaient justement joué le jeu et portaient une jupe longue. Ceci prouve que les manifestants de Bnéi Brak étaient motivés par de toutes autres raisons. C’est l’autorité de l’Etat qu’ils remettaient en cause et c’est à ce titre qu’ils doivent être combattus. Ici, il convient d’être intransigeant. A l’étranger, les haredim ne déclenchent pas d’émeute quand une fonctionnaire de police déambule dans leur quartier.


Il est à souhaiter que la loi sur la conscription soit une thématique centrale dans la campagne électorale à venir. Elle permettrait de sortir le pays du débat stérile entre les pro et les anti Bibi. La paix n’est pas proche et, l’illusion du tout gadget étant passée, Israël va avoir besoin de nombreux soldats pour protéger ses frontières. La Cour suprême a statué en ce sens. Rien ne justifie l’exemption de service national des ultra-orthodoxes. Que de nouvelles unités réservées aux religieux soient fondées, que des accommodements soient accordés, tout cela est envisageable mais le principe doit être intangible. Les actuelles tentatives de contournement sont à rejeter. Les positionnements sur la question sont aujourd’hui transpartisans. Pour des raisons évidentes, de nombreux députés du Likoud sont opposés à l’octroi de privilèges aux haredim. Les électeurs sont en grande partie des réservistes. Le 29 mars 2022, une attaque terroriste se produisait à Bnéi Brak, causant la mort de cinq personnes, dont un policier arabe chrétien qui avait tenté de s’interposer. Il est temps que les ultra-orthodoxes saisissent qu’ils ne sont pas immunisés contre la haine des Palestiniens. Nous sommes tous sur le même bateau.

 
 
 

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