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  • 14 mars
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 mars

Le régime iranien hait Israël. Pourtant, il ne cible pas que l’Etat juif. Il tire en même temps sur les Etats du Golfe, prouvant ainsi que sa réflexion stratégique prend le dessus sur ses sentiments. Le 7 octobre, les Palestiniens étaient si pressés de tuer un maximum de Juifs qu’ils ont omis d’attaquer les batteries du Dôme de Fer qui étaient sans défense. Pour vaincre l’Iran, la force devra se conjuguer avec l’intelligence.


Au-delà des inévitables déclarations des responsables israéliens et américains visant à déstabiliser l’ennemi, lesquelles relèvent de la guerre psychologique, il y a apparemment des experts qui s’imaginaient sérieusement que, Ali Khamenei éliminé, un changement de régime surviendrait aussitôt. En d’autres termes, la population sortirait dans les rues, sous les bombes et, à la suite du chahut, le pouvoir chavirerait et les mollah seraient chassés dans une opération « du goudron et des plumes » digne du Far West. Comment le sait-on ? Ces têtes pleines soutiennent que l’attaque contre la République islamique est déjà un échec parce que ce scénario ne s’est pas produit. Pour eux, une fois Khamenei envoyé ad patres, son remplacement par son fils a été un choc, une surprise. Encore plus improbable, commentent-ils, malgré les bombardements, les capacités militaires iraniennes n’ont pas été entièrement anéanties. Des missiles et des drones continuent de frapper des cibles un peu partout dans la région. En fait, si l’on avait vraiment cru que quelques jours de guerre pouvaient suffire à neutraliser la menace pour la paix mondiale que constituait l’Iran, il aurait fallu être diablement crétin pour y être allé mollo avec les mollahs jusqu’à ce jour… Plus que ces pointures intellectuelles ?  


C’est ici que le droit international prend le relais avec en porte-voix de belles âmes qui se confondent souvent d’ailleurs avec les spécialistes évoqués ci-dessus. Le raisonnement est simple : bien sûr, savoir que les dirigeants iraniens répriment dans la violence toute forme d’opposition n’est pas une sensation  agréable. Le bilan des dernières manifestations fait même carrément froid dans le dos, et cela sans qu’on doive être taxé – c’est juré – d’« islamophobie ». Hélas, toute intervention étrangère dans les affaires persanes relèverait de l’ingérence. Seule la respectable Organisation des Nations Unies a le pouvoir d’accorder une autorisation en ce sens mais le véto des amis de l’Iran au Conseil de sécurité l’empêcherait. Il ne reste qu’à faire preuve de compassion et à protester noblement, mais pas trop fort non plus puisque des cellules terroristes dormantes sont susceptibles d’être activées à n’importe quel moment sur le sol européen. Il faut bien comprendre que « droit international » ne rime pas avec lâcheté. C’est juste que, si on ne se conforme pas à ses principes, il y aura un jour des guerres qui tueront des innocents et tout ça… L’inaction assure l’avenir, un peu moins le présent.  Voilà.


Sur l’issue du conflit, il est difficile de se prononcer à ce stade. Du côté de l’Iran, la stratégie est assez limpide. Il s’agit de provoquer un embrasement régional qui conduirait à une crise économique mondiale. Le blocage du détroit d’Ormuz va en ce sens. Si le gouvernement des Etats-Unis ne cède pas à la pression des gouvernants des pays du Golfe devenus des cheiks sans provisions, le mécontentement des automobilistes occidentaux parviendra peut-être à le faire fléchir. Après la Guerre du Kippour, le prix du pétrole avait été multiplié par quatre sans que la population ne s’énerve mais c’était à une autre époque. Aujourd’hui, Donald Trump est clairement soumis au test du prix à la pompe. La responsabilité de la filière pétrolière, qui tire scandaleusement profit de la situation, n’est pas la question. Par rapport à cette problématique, la position d’autres acteurs est à prendre en compte : celle de la Chine, partenaire ambigu de l’Iran qui a tant besoin de son pétrole. Quant à la Russie, à un autre niveau, elle pourrait contribuer à offrir une solution aux Etats-Unis qui envisagent de lui acheter du pétrole et du gaz. Ce qui serait par effet domino une mauvaise nouvelle pour l’Europe et l’Ukraine.


Du côté des Etats-Unis et d’Israël, après le coup initial qui a permis de décapiter temporairement la direction iranienne, l’objectif est surtout de réduire en miettes le complexe militaro-industriel du pays : rampes de lancement de missiles, entrepôts, usines de fabrication de matériel militaire… Le bombardement de casernes des forces soutenant le régime, celles qui ont récemment massacré la population, est symboliquement fort. Qui sait s’il ne s’agit pas de la première pierre d’un éventuel renversement du pouvoir à terme. Cependant, les Gardiens de la révolution et les Bassidji n’y séjournent plus et ces bâtiments finiront par être reconstruits. L’efficacité de ce type de frappes est donc limitée. D’autres opérations semblent plus en mesure d’ébranler la République islamique. Des attaques contre les sites de rassemblement des Gardiens de la révolution – cachés sous tel pont – ou les points de contrôle des Bassidji, probablement grâce à des renseignements fournis par des Iraniens, ont déjà été entreprises. Elles sont certes moins spectaculaires et plus discrètes mais, si les plus fanatiques ne seront pas affectés, les plus modérés pourraient bien commencer à prendre leur distance avec le pouvoir. A suivre.    

 
 
 

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