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COMPLEMENT CIRCONSTANCIEL

  • 10 janv.
  • 3 min de lecture

Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné une nourrice algérienne, Leila Y., à deux ans et demi de prison pour avoir tenté d’empoisonner une famille juive. L’injection de substances « nuisibles » dans du vin, du jus de raisin et des produits cosmétiques a été sanctionnée. C’est rassurant. La circonstance aggravante d’antisémitisme n’a pas été retenue.


Les juristes ont l’habitude d’expliquer que les décisions de justice sont fondées sur des arguments juridiques, d’où des désaccords qui sont susceptibles d’apparaître avec les avis exprimés au café du commerce. Certes et c’est heureux. Il n’empêche que les juges sont des êtres humains qui vivent à une époque donnée et qu’ils sont forcément influencés par l’air du temps – sans oublier que leur interprétation du droit n’est pas forcément neutre sur le plan politique. Sinon, on ne comprendrait pas pourquoi, dans des pays comme Israël et les Etats-Unis, des batailles épiques sont engagées autour de la désignation des juges de la Cour suprême. En France, les cours de justice semblent se trouver en détresse respiratoire dès lors qu’il s’agit de se prononcer sur la circonstance aggravante d’antisémitisme sauf si le coupable est identifié comme un militant d’extrême-droite. Quand il est issu des minorités visibles, qui sont déjà censées être discriminées, c’est une autre limonade. Il ne faut surtout pas désespérer Courbevoie comme aurait pu dire Jean-Paul Sartre, ne pas attiser sa colère plus exactement. Le Président de la République est d’ailleurs pleinement aligné sur cette position.


Que les Juifs frustrés et vengeurs, avides du sang de leurs ennemis, suscitent du scandale ne signifient pas qu’ils ont raison. Pourtant, l’accumulation des faits est assez flagrante. Dans le cas de la nounou, elle a tenu des propos indiscutablement antisémites devant témoins. Il n’y a pas besoin de mobiliser ses aveux encore plus explicites puisque Leila Y. s’est rétractée, invoquant des pressions policières. Ah, la torture et la gégène. La guerre d’Algérie n’est pas finie. Le grief antisémite et le délit sont tous les deux établis mais la circonstance aggravante d’antisémitisme est rejetée. Peut-être sa reconnaissance requiert-elle pour les magistrats que, à l’instant du passage à l’acte, le coupable soit enregistré criant : « Je le fais parce que je suis antisémite ». Des fois qu’un être déteste furieusement les Juifs et s’en prenne à quelques-uns d’entre eux sans qu’il y ait de lien entre les deux, comme si c’était par hasard. D’ailleurs, quand le meurtrier proclame malgré tout son antisémitisme au moment fatal, ce qui est très ennuyeux, il arrive que la juge se mette en quête d’un expert psychiatrique qui déclare le criminel irresponsable – ce qui se passa dans l’affaire Sarah Halimi.


Pour ce qui est de l’assassinat d’Ilan Halimi, les membres du « gang des barbares » se sont livrés à de telles provocations lors de leur procès que, avec la meilleure volonté, leur antisémitisme ne pouvait être mis sous le tapis. Depuis, les stèles et arbres à la mémoire du pauvre garçon n’ont cessé d’être l’objet de déprédations. C’est pour cette raison que sa famille a décidé de transférer sa dépouille en Israël. En août 2025, deux Tunisiens abattaient un arbre commémoratif et se faisaient attraper. Ils ont été condamnés mais le tribunal, une nouvelle fois, n’a pas considéré que la circonstance aggravante d’antisémitisme devait être retenue. La haine antijuive des deux vandales n’est pas douteuse mais il est possible de supposer que, pour les habitants du coin, il s’agisse une sorte de sport national. Autrement dit, les coupables n’auraient fait que suivre une tradition du cru sans penser à mal. Hypothèse alternative, ils avaient décidé de tester la tronçonneuse et jeté accidentellement leur dévolu sur cet arbre pour s’entraîner. Plutôt que critiquer les juges, pourquoi ne pas louer leur sens du devoir, prêts à se couvrir de ridicule afin de préserver la concorde nationale.


Au bout du compte, il est permis de s’interroger sur le sens de la circonstance aggravante d’antisémitisme aujourd’hui en France. Pour être juste, il serait préférable de la qualifier désormais de circonstance atténuante. Avec le travail de sape de la sphère islamo-gauchiste, pour beaucoup, la détestation des Juifs relève d’une conduite vertueuse. Elle dénote un sens civique qu’il serait malséant de réprimer. En fait, tout dépend de la formulation. Nous sommes dans le marketing, la cosmétique. Ainsi, le chauffeur de taxi qui débarque un passager juif en protestation à la politique de Benjamin Netanyahou mérite l’indulgence des juges face à une éventuelle procédure judiciaire. En revanche, le militant à keffieh qui éructe  « Heil Hitler ! » en tendant le bras lors d’une manifestation pro palestinienne est davantage problématique. Il brouille la frontière théorique entre l’extrême-gauche et l’extrême-droite. A ce titre, il ne bénéficie pas du même soutien populaire. Quoi qu’il en soit, le décalage entre l’atmosphère dans le pays et la loi rend celle-ci inopérante. En conclusion, la voie montrée pour Ilan Halimi par sa famille vaut encore plus pour les vivants. Comme disait Guy Lux, « En voiture, Simone » !   

 
 
 

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