LA BELLE AFFAIRE
- 21 févr.
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Le 10 août 2019, le businessman Jeffrey Epstein, qui était incarcéré dans le cadre d’une affaire de trafic sexuel et de pédocriminalité, était retrouvé pendu dans sa cellule. Sa mort a assurément soulagé pas mal de monde même si la publication des dossiers Epstein fait planer encore une épée de Damoclès sur quelques têtes renommées. Qui étais-tu Jeffrey ?
Le premier signe montrant que cette affaire est réservée aux initiés est la prononciation du mot Epstein. Attention, il est recommandé de dire « Epstine ». Evidemment, c’est de la sorte que le nom est prononcé aux Etats-Unis. Cependant, la volonté de se conformer aux sonorités locales est loin d’être systématique quand on mentionne un nom étranger. Par exemple, l’artiste qui a peint « Les tournesols » est appelé en France Van Gogh, avec un « g ». Personne ne s’amuse de parler de Van Goh (ħ) comme le font les Néerlandais et la plupart des nations. En conséquence, au moment de commencer à s’exprimer sur l’affaire, un temps d’arrêt est inévitable face au dilemme auquel on est confronté. Est-ce que je reste cohérent avec les usages au risque de passer pour un rustre, un ignorant des arcanes du dossier Epst… ? Ou bien est-ce que je suis le mouvement subversif des experts avec la sensation étrange de m’aventurer en terrain inconnu ? Ainsi, à l’avenir, quand je disserterai de la relativité restreinte, devrai-je dire Einstein ou bien Einstine ? Peut-être le mieux serait-il d’éviter carrément le sujet à table ? Le malaise est patent même si cette dernière idée est celle d’un malin ou d’une maline.
En exposant leur analyse avec un regard entendu, des commentateurs prétendent que, derrière Epstein, se trouve le Mossad. Ils s’appuient beaucoup sur le célèbre proverbe « On ne prête qu’aux Juifs » et un peu sur les confidences d’informateurs proches des services secrets. C’est bien sûr cette proximité qui interroge. Comme il est assez peu probable que les agents du Mossad se vantent de leurs exploits, leur position se fonde sur les révélations d’individus qui gravitent autour des milieux barbouzes, un univers qui fleure bon les manipulations en tout genre : on veut faire croire qu’on sait pour voir comment certains réagissent, on va à la pêche à l’information ... Dans ces conditions, le « off » n’a pas la même valeur qu’ailleurs, en politique notamment. Restent quelques indices comme la mort mystérieuse de Jeffrey Epstein. Ne peut-on y voir le bras long des services secrets israéliens d’autant que ce jour-là, Yossi Cohen qui en était le dirigeant, n’a pas fait ses courses au supermarché comme d’habitude ? Sur le coup, le Mossad a un peu tardé. Cela faisait un moment qu’Epstein risquait de parler. Forte de café, la mort de Robert Maxwell, père de la compagne d’Epstein, avait déjà alimenté les soupçons en son temps.
En mettant en place un réseau dans lequel les grands de ce monde pourraient satisfaire leurs fantasmes sexuels, Jeffrey Epstein et le Mossad auraient eu prise sur tous ces déviants. Suivez la politique du gouvernement israélien ou bien nous laisserons fuiter des images. Ce scénario, que rien me permet d’exclure après tout, nécessite un certain nombre de remarques. Tout d’abord, il cloue le bec à la thèse du Juif qui contrôle naturellement le monde. Dans ce cas, il doit travailler, transpirer et dépenser des sommes folles pour parvenir à ses fins. Entre sa fondation pour la recherche scientifique et ses activités de mécénat dans l’art, l’argent a dû couler à flots pour créer un écran de fumée. En se présentant directement comme agent du Mossad au prince Andrew, à Bill Clinton, à Ehud Barak ou à la famille royale saoudienne, l’entreprise de chantage aurait été moins coûteuse mais moins réussie aussi. Sans compter qu’il était logique de ratisser large. En copinant avec des seconds couteaux, Epstein misait sur le fait qu’il y en aurait toujours un qui percerait. Effectivement, au début des années 2000, il aurait fallu être sacrément visionnaire pour supposer qu’entre Donald Trump et Woody Allen il y en aurait un des deux qui deviendrait Président des Etats-Unis.
Les Russes auraient prise sur Trump grâce à ses chaudes nuits moscovites. Si c’est vrai, la position étatsunienne dans la guerre entre le Russie et l’Ukraine se comprend mieux. Examinons maintenant la politique trumpienne vis-à-vis d’Israël. Malgré des propos anciens frisant l’antisémitisme, Trump a constamment apporté son soutien à l’Etat hébreu depuis qu’il est en fonction, cela malgré sa rancune tenace envers Bibi Netanyahou qui l’avait lâché quand il clamait que Joe Biden avait « volé » la victoire lors de l’élection de 2020. Mais s’agit-il de chantage ou est-ce lié à sa fille chérie Ivanka qui est mariée à un Juif et qui est convertie au judaïsme ? De plus, quelques événements récents suggèrent une inflexion dans sa position. Quand il déclare en présence de Bibi que le Président turc Erdogan est son ami, il y a de quoi s’inquiéter. Si Israël était contraint d’accepter la participation de la Turquie à la force internationale à Gaza, ce serait même un désastre. La façon dont Trump manifeste sa sympathie envers les chèques du Qatar n’est pas non plus très réconfortante. Les images détenues par le Mossad montrant le Président américain en nuisette rose et coursant une donzelle dans une chambre d’hôtel en chantant la Marseillaise ont-elles été perdues ? Sinon, il est temps de les ressortir. Bibi, tu dors ?
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