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LE DROIT, PAS LE TORDU

  • 22 nov. 2025
  • 4 min de lecture

La troisième saison de la série israélienne Manayek, qui est diffusée sur Arte, résonne étrangement avec l’actualité. Le procureur souhaite tellement mettre sous les verrous le Premier ministre qui est corrompu, qu’il flirte en permanence avec la ligne jaune. Il se permet ainsi de passer un accord avec un policier véreux qui était à la tête d’une véritable organisation criminelle.


Aussi récentes que rocambolesques, les mésaventures de la procureure de l’armée Yifat Tomer-Yerushalmi ressemblent à une série dérivée, un spin off, de Manayek. La malheureuse n’a en effet pas hésité à produire un faux témoignage devant la Cour suprême pour arriver à ses fins. Si l’on ajoute ses efforts assez pathétiques visant à faire disparaître des preuves et ses tentatives de suicide, deux à ce jour, elle n’a pas donné la meilleure image d’un Etat de droit. Cette générale était déjà la bête noire des milieux les plus nationalistes en Israël. Contrairement à la thèse d’Al Jazeera et des médiaux occidentaux, les opérations de Tsahal à Gaza ne s’inscrivaient pas dans une logique de génocide. Avant de bombarder un immeuble, une autorisation était requise. La procureure l’accordait en fonction de critères juridiques – proportionnalité, menace immédiate pour les troupes, etc… Or, d’aucuns lui reprochaient des décisions qui faisaient courir des risques superflus aux soldats. Dans ces conditions, l’invraisemblable faux-pas de Yifat Tomer-Yerushalmi a été considéré comme une aubaine par les franges de la population qui martelaient que les contraintes juridiques entravaient la dynamique de la guerre.


C’est l’affaire de Sdé Teiman qui a fait disjoncter la procureure. Dans ce camp de détention situé à cinq kilomètres de Beer Sheva sont regroupés les terroristes du Hamas qui ont commis les massacres du 7 octobre et des mauvais traitements ont été infligés à l’un d’eux. Les réservistes de Tsahal qui en étaient fortement suspectés ont fait l’objet d’une arrestation spectaculaire. A partir de là, un clivage s’est dessiné dans la société israélienne. Tandis que certains s’indignaient que l’on s’en prenne à des citoyens dévoués qui se trouvaient sous les drapeaux, d’autres rétorquaient que même les pires des criminels – ceci incluant les violeurs et les assassins d’enfants comme dans le cas présent – ont un minimum de droits. La situation s’est politisée et, pour faire pencher la balance entre la droite et le droit, Yifat Tomer-Yerushalmi a organisé la fuite d’une vidéo corroborant la thèse de l’accusation contre les soldats. En procédant ainsi, elle a agi avec un étonnant manque de discernement parce que, d’une part, étant donné la polarisation des positions, elle n’a pas convaincu grand monde du camp d’en face, et puis surtout une autre question a surgi immédiatement : qui est responsable de cette fuite, acte également illégal ?  


Au cours de l’enquête qui a été diligentée, il a été prouvé que la procureure Tomer-Yerushalmi avait été elle-même à la manœuvre. L’attention a alors cessé soudainement de se porter vers le débordement de soldats, plus ou moins tolérables selon les points de vue, pour se focaliser sur la tentative de duper la plus haute instance judiciaire du pays de la part de la femme qui dirigeait les services juridiques de l’armée. De tous les bords politiques, y compris donc chez les adversaires de Benjamin Netanyahou, la condamnation a été unanime. Toujours aussi prompts à critiquer Israël, les médias internationaux se sont engouffrés dans la brèche. Diffusant en boucle la vidéo, ils ont prétendu que la procureure avait dû quitter ses fonctions parce qu’elle s’opposait à la torture systématique des Palestiniens. Un mensonge éhonté puisque, si elle n’avait pas essayé de tromper la Cour suprême, l’enquête sur ce cas exceptionnel se poursuivrait sous sa direction. Parmi les dégâts collatéraux de cette inconséquence, la Cour Internationale de Justice qui ne reconnaissait pourtant pas la qualité du travail de la procureure, utilisera probablement son départ pour ajouter un nouvel élément à charge à l’imputation de génocide.


La société palestinienne s’est réjouie des massacres du 7 octobre quand elle n’y a pas participé. Contre le danger de vengeance, la solution n’est pas de taxer de fascistes ceux qui le rappellent mais de mettre en place des garde-fous qui maintiennent les combats, qui se déroulent de surcroît en zone urbaine, dans le cadre du droit de la guerre. A cette intention, le travail des services de la procureure, qui sera vite remplacée, mérite d’être souligné. De plus, la vidéo prouve qu’entre le premier soldat choqué par la maltraitance à Sdé Teiman et la procureure, toute une chaîne s’est constituée pour dénoncer les exactions. L’explication réside dans la formation des soldats. Nouvelle illustration, des moments de « rafraîchissement » étaient organisés pour les réservistes entre deux périodes à Gaza afin que la charge mentale de la guerre soit moins lourde. Des scènes jouées y étaient prétexte à discussions : comment agir avec un terroriste qui a tué un peu plus tôt et a soif ? La guerre n’est pas un état normal et les soldats israéliens sont des gens normaux. Ce qui les distingue des autres ? Leur conditionnement. Parce qu’elle œuvre à l’application de son code éthique, Tsahal est l’armée la plus morale du monde. Celui réduit les abus. Israël doit poursuivre dans cette voie et qu’importe les inepties proférées dans nos contrées.        

 
 
 

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