PALESTINE : L'ART HAMAS
- 7 févr.
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Imaginons. L’Etat de Palestine vient de naître. A Ramallah comme à Gaza, la foule est en liesse. Dans les grandes capitales occidentales, le climat fleure bon la fraternité universelle. Enfin, nous y sommes arrivés ! Mais voilà, après quelques semaines, le soufflé semble hélas retomber. D’humeur maussade, les Palestiniens éprouvent une terrible frustration. Bizarre ?
Se targuant d’être l’un des principaux soutiens à la création d’un Etat palestinien, Emmanuel Macron avait souhaité accompagner l’ensemble du processus pour déjouer les critiques qui lui étaient adressées. Ainsi, il était important que la Palestine soit démocratique. Il est bien connu que les Etats qui ne le sont pas n’ont aucune légitimité et sont voués à disparaître – la Chine par exemple. C’est pourquoi le Président français avait largué sur zone une escouade d’experts en droit constitutionnel car le travail ne manquait pas. En 2006, le Hamas avait remporté les élections législatives palestiniennes. Ce qui avait valu à son dirigeant feu Ismaël Haniyeh d’être nommé Premier ministre mais le roué Président Mahmoud Abbas avait réussi à l’évincer. La prise du pouvoir du Hamas à Gaza à cette époque était en fait conforme au résultat du vote des Palestiniens. Pourtant, quand on observe les dysfonctionnements du système politique français, les partis complètement désarçonnés depuis la fameuse dissolution, on peut se demander si la France est en mesure de prodiguer des conseils en la matière. D’où l’accusation répandue dans la mélenchonsphère : Macron serait un espion sioniste visant à couler la Palestine.
Pour être juste, c’est surtout en Cisjordanie que les habitants accusent une vilaine gueule de bois. A l’instar de Mahmoud Abbas, ils se sentent soudainement prisonniers. Ils viennent de réaliser que la frontière avec Israël reconnue par la communauté internationale, les oblige en quelque sorte. Elle est d’un coup perçue par eux non comme une protection contre l’agressivité d’Israël mais comme un obstacle face à leur propre objectif de conquête. Dans la bande de Gaza, l’ambiance est plus joyeuse. Le Hamas tire les ficelles en sous-main. Les dirigeants mis en place pour rassurer les pays occidentaux ne sont que des hommes de paille, cela avec la bénédiction du Qatar qui a donné un semblant de respectabilité à cette duperie. Au bout du compte, pour les Gazaouis, il est clair que la naissance d’un Etat n’est qu’une première étape vers l’objectif suprême tel qu’il figure dans la charte de l’organisation, à savoir la disparition de l’Etat juif. La détermination est plus ferme que jamais. Un parfum de victoire flotte dans les airs. Le 7 octobre a montré que le but pouvait être atteint. La même chose en plus grand, en plus fort, en plus destructeur.
Les Palestiniens fourbissent leurs armes. D’ailleurs, en parlant d’armes, le Hamas a réussi à les conserver. On se souvient que, au moment du cessez-le-feu consécutif à la longue guerre entre Israël et Gaza, le désarmement des organisations terroristes avait été au cœur d’intenses tractations : armes légères, armes lourdes, destruction, entreposage... Plus fondamentalement, le droit à posséder des armes avait été invoqué par le Hamas et justifié par ses soutiens politiques. Les arguments mobilisés à cette fin étaient particulièrement hétéroclites. Comme un clin d’œil, le deuxième amendement de la Constitution des Etats-Unis – autoriser les citoyens à s’armer et à former des milices face à un Etat dictatorial – avait été mentionné. Sauf que le Hamas ne défend pas la démocratie. C’est même le contraire, il est son ennemi. D’autres s’inscrivent dans l’inflation des droits des citoyens. Aucune limite ne doit exister : le droit de manger du chocolat, le droit d’aller à la piscine, le droit de posséder des roquettes longue portée. Les plus francs expliquaient que, sans armes, le Hamas ne parviendrait pas à accomplir son programme. Nous y voilà.
Dans cette perspective, les doléances palestiniennes ne manquent pas. Tout d’abord, l’armée israélienne doit se retirer intégralement de la bande de Gaza. Pas uniquement parce qu’elle stationne sur le territoire de l’Etat nouvellement créé. Ce qui pourrait se comprendre d’une certaine façon. Non, le véritable scandale est que, en agissant de la sorte, Tsahal met le Hamas sur la défensive à l’encontre de sa position naturelle, qui est d’attaquer Israël. Dans le même ordre d’idée, Israël est prié d’évacuer la frontière, c’est-à-dire la débarrasser de ses soldats. Si l’Etat juif est sur ses gardes, comment espérer qu’un méga 7 octobre survienne un jour ? Or, c’est ce que réclament les Palestiniens. Selon les sondages mis en avant par l’axe turco-qatari, 75 % d’entre eux soutiennent le Hamas. Prenons la fiabilité de ces enquêtes pour argent comptant – quand les résultats leur conviennent, les savants progressistes ne remettent pas en doute leur « méthodologie ». Cela signifie que, malgré plus de deux ans de guerre et de souffrance, les Palestiniens privilégient toujours l’élimination d’Israël. C’est peut-être le témoignage d’une haine aveugle, d’un fanatisme délirant, mais le respect de la démocratie palestinienne exige que cette requête soit satisfaite par leurs voisins israéliens.
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