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UNITED COLORS OF ZION

  • 6 déc. 2025
  • 4 min de lecture

L’opposition entre le blanc et le noir est perçue d’ordinaire comme une émanation du contraste entre le jour et la nuit, d’où l’affection envers le blanc et la froideur envers le noir. A cela se sont greffées des théories fumeuses sur la couleur de peau : les Blancs auraient de tout temps exploité les Noirs et fait preuve de racisme envers eux. Quant aux Juifs, leur couleur a fini par changer.


A la fin du dix-neuvième siècle, dérivées du darwinisme, les réflexions fondées sur la lutte entre les races étaient en vogue dans le monde occidental. Le Français Georges Vacher de Lapouge opposait ainsi les « dolichocéphales blonds » et les « brachycéphales bruns » en prédisant la victoire des premiers. La pensée de ce socialiste sélectionniste a inspiré le discours racial nazi. Il faut dire que mettre l’accent sur les sciences naturelles estompait les clivages politiques. Presque au même moment qu’Hitler, le Ministre de la santé du Front populaire chilien préconisait la stérilisation des handicapés. Cela ne l’empêchera pas de devenir plus tard une figure iconique du gauchisme. Son nom était Salvador Allende. Dans ce contexte, la « race juive » ne pouvait qu’être l’objet d’attaques virulentes. En outre, et plus intéressant pour notre propos, les Juifs n’étaient pas considérés comme des Blancs par les architectes de la théorie des races. Ils devaient à tout prix être distingués physiquement des Européens. En conséquence, ils étaient représentés avec la peau sombre, a minima en « métèques » au teint basanés. Un nez crochu n’était pas un critère de différentiation suffisant, y compris chez les nazis.


Les wokistes ont récemment repris le flambeau. Comme ils se proclament antiracistes, quelques discordances sont toutefois observables avec leurs devanciers. Tandis que Vacher de Lapouge et consorts mobilisaient la biologie, ces illuminés ne jurent que par les sciences sociales. Selon eux, le racisme est une construction de l’esprit humain. Jusque-là, ils n’ont pas tort. Leur raisonnement devient pervers dès lors que, dans leur désir de revanche, ils imputent aux Blancs un racisme certes culturel mais qui possède le même caractère inaltérable que le racisme biologique. En l’occurrence, la colonisation a laissé de telles traces que le sentiment de supériorité des Blancs est impossible à effacer. Il demeure présent dans leur inconscient comme dans celui des colonisés – et ceci vaut pour leurs descendants. Quid des Juifs dans ce schéma ? Pas de chance, les wokistes les ont ripolinés en blanc pour en faire des dominants. Les cris de « morts aux Juifs » entendus dans les manifestations contre Israël ne sont que l’expression d’une volonté de s’insurger contre l’oppression des Noirs. Les gens de couleurs qui jugent tout ceci délirant sont qualifiés de « Bounty », Noirs à l’extérieur mais Blancs à l’intérieur.


Le jargon savant concocté par les intellectuels perchés qui pilotent le mouvement vise à convaincre les hésitants. Les plus audacieux assènent que Moïse était black. Leur tentative d’appropriation culturelle bute toutefois sur une incohérence. Si la peau des Hébreux était noire quand ils étaient esclaves, est-elle devenue blanche quand ils erraient dans le désert ou plus tardivement encore ? En même temps, le slogan palestinien « from the river to the sea » résonne délicieusement avec l’appel de Moïse à son peuple afin qu’il se lance « from the pyramids to the sea ». Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Jésus aussi était noir. Ceci pourrait-il justifier l’accusation de cannibalisme formulée par les chrétiens contre les Juifs ? Non évidemment. En dehors du racisme de l’hypothèse, Jésus n’était surtout pas un Juif à leurs yeux. La fête de la Circoncision le 31 décembre, qui célèbre également le saint Prépuce, a été supprimée à juste titre par Paul VI. Jésus était palestinien. Le plus drôle est que cette thèse se marierait presque avec un livre de jeunesse de deux sionistes, David Ben Gourion et Ytzhak Ben Zvi, prétendant que les Juifs restés en Judée après la destruction du deuxième Temple ont été les ancêtres des Arabes de Palestine. 


Une approche en noir et blanc de la couleur de peau des Juifs n’est ni candide, ni atroce, surtout si l’on revient à l’étymologie de ces mots. Elle manque singulièrement de nuances. L’Etat d’Israël s’est bâti en faisant la part belle aux Juifs d’Europe. Leurs frères d’Afrique du Nord et du Moyen Orient ont été invisibilisés suscitant dans les années 1970 une esquisse de soulèvement populaire, celui des Panthères… noires. En Afrique subsaharienne, les Falashas ou Beta Israel dont la physionomie n’évoque pas réellement l’ivoire, et qui ont majoritairement immigré en Israël, affirment être issus d’une des dix tribus perdues. Vrai ou faux, leurs pratiques témoignent d’un indéniable ancrage dans un passé reculé. Par contraste, les Abayudaya sont des Juifs plus récents. Leur conversion est liée à la colonisation. S’opposant aux missionnaires chrétiens qui diabolisaient le peuple juif, ils ont décidé de le rejoindre. Pour les qualifier de Blancs colonisateurs, il faut souffrir d’un daltonisme idéologique particulièrement aigu. Et l’on pourrait mentionner entre autres les Lembas, les Ibos, les Bene Menashe, les Gogodalas de Papouasie-Nouvelle Guinée… Bref, croire aux fariboles wokistes, c’est être chocolat. Blanc ou noir.    

 
 
 

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